Je hais les dimanches… certains du moins

« …
Les dimanches de printemps
Tout flanqués de soleil
Qui effacent en brillant
Les soucis de la veille
Dimanche plein de ciel bleu
Et de rires d’enfants
De promenades d’amoureux
Aux timides serments

Et de fleurs aux branches
Et de fleurs aux branches

Et parmi la cohue
Des gens, qui, sans se presser
Vont à travers les rues
Nous irions nous glisser
Tous deux, main dans la main
Sans chercher à savoir
Ce qu’il y aura demain
N’ayant pour tout espoir

Que d’autres dimanches
Que d’autres dimanches
… »
Extrait de: « Je hais les dimanches » – Charles Aznavour

Quoi que l’on en dise, le dimanche est un jour de passion. Comme un long voyage en train entre deux semaines, comme un passage où s’exacerbent les sentiments. Comme un tunnel où les émotions enflent, sans d’autre issue qu’une réalité parfois décevante. Ce n’est pas Aznavour qui me contredira, ni Gréco, ni Brel, autres passionnés, qui ont eux aussi tour à tour interprété cet ode à la passion contrariée. Brel avait d’ailleurs récidivé avec un hymne poignant, « Que c’est triste, Orly le dimanche ».

Mais le train est à lui seul une expérience, tandis que le dimanche se heurte aux gares du quotidien. Il suffit pour cela de relire la magnifique « Prose du Transsibérien » de Blaise Cendrars, ou de se laisser emporter par les dysharmonies puissantes de « Pacific 231 » d’Arthur Honegger pour s’en convaincre.
Le dimanche est le jour où la passion se venge le plus de ne pas pouvoir s’exprimer à sa juste démesure.

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