On ne connaît que les choses qu’on apprivoise

Ce titre, extrait du Petit Prince de Saint Exupéry, viole une fois de plus les principes les plus élémentaires du marketing et du contenu online: mettez les mots les plus importants en avant, titrez vos articles de manière à annoncer leur contenu de la manière la plus claire possible, etc… Mais je suis ici sur mon blog, et mon dessein y est bien plus d’exprimer mes passions, y compris littéraires, que de mettre en pratique mon expérience.

J’étais ce matin convié, ainsi que l’ensemble des parents, à une matinée « portes ouvertes » à l’école de ma fille, sur le thême « jouons ensemble ». Au-delà d’un certain nombre de réflexions sur le fonctionnement de l’aducation nationale, qui pourraient faire l’objet de bien d’autres billets, c’est le processus de sociabilisation de nos enfants qui m’a soudainement frappé. Comment se connaissent-ils ? Comment lient-ils des relations amicales ? Et comment, au-delà de ces relations, initient-ils de manière indirecte des relations entre les parents ? Car, tous les parents le savent, l’élargissement de leur réseau personnel, au-delà du cercle familial, passe en priorité par les amis de leurs enfants, et ce dès leur plus jeune âge, bien avant même le cercle professionnel.

Si l’on regarde un peu plus en détail la manière dont les enfants acquièrent de nouveaux amis, et dieu sait à quel point ils sont en cela plus efficaces que nous, on s’aperçoit que deux principes fondamentaux régissent leur mise en relation: la cooptation et l’initiation.

Dans un processus classique de cooptation, ils se choisissent par affinité, cerchant avant à se séduire l’un l’autre, à donner à leur « apprenti » copain tous les gages de la fidélité et de la complicité. L’autre voie de mise en relation met la plupart du temps en jeu un groupe face à un individu. Celui-ci doit montrer patte blanche, adhérer et exprimer les lois -souvent non explicites- du groupe avant d’y être accepté et d’en porter les marques de reconnaissance.

Dans nos rêves et nos actes les plus intime, nous rêvons -et nous comportons- heureusement encore bien souvent comme des enfants. Les clubs des adultes ne sont ainsi qu’une prolongation des bandes de l’enfance, parfois jusqu’à la caricature. Alors que le marketing ne nous parle que de relations client et de taux de transformation, il serait temps de considérer que nos motivations les plus profondes sont mues par le désir et par l’intuition. Alors que ma boîte email est de plus en plus remplie d’offres agressives, de rabais non sollicités, il serait bon de revenir aux sources et de comprendre que le désir et la valorisation de l’individu sont les meilleurs moyens de provoquer la curiosité et d’inciter à aller plus loin dans l’adhésion à une marque ou à un programme de fidélisation. Incitons l’internaute à nous rejoindre, il nous le rendra au centuple. Provoquons-le par des pratiques marketing agressives, il lui suffira d’un clic pour nous oublier. Définitivement.

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